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Afrique, les bonnes pratiques en santé numérique : Cameroun, Cote d’Ivoire, Sénégal

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Résumé :
L’auteur montre ici les potentialities de l’Intelligence Artificielle et l’état de sa mise en place dans trois pays: Cameroun, Cote d’Ivoire et Sénégal

Abstract :
The author demonstrates the potential of Artificial Intelligence and the state of its implementation in three countries: Cameroon, Ivory Coast, and Senegal.

Le Cameroun, la Cote d’Ivoire, le Sénégal, vivent une situation non pas contrastée, mais  ambivalente, marquée par une augmentation croissante des besoins de services de soins de santé, une faiblesse accrue de l’offre des services de soins de santé. En réponse, ils misent sur la  santé numérique, en développant une dynamique d’accélération de celle-ci, citée en exemple dans la région Afrique du Centre et de l’Ouest : des pratiques dans les domaines de la télémédecine, de l’intelligence artificielle associée à la santé numérique, les applications mobiles et les réseaux sociaux

Trois États en mode pratique

Développer des solutions digitales pour l’accès du plus grand nombre aux soins de santé, c’est le pari en voie d’être gagné par le Cameroun, la Cote d’Ivoire et le Sénégal avec la mise en place de projets qualifiés de bonnes pratiques et qui concourent entre autres, à atténuer les difficultés d’accessibilité spatiale aux soins, la réduction de l’étirement des distances à parcourir entre les patients des zones reculées afin d’aller consulter un spécialiste de santé : un début de solution à la désertification médicale.

  • Le Dossier Médical Électronique ou DME (Cameroun : digitalisation des  données cliniques),
  • les plateformes de télémédecine (Sénégal : interopérabilité avec les secours d’urgence,),
  • le Dossier Patient Informatisé-DPI (Côte d’Ivoire : 7,3 millions dossiers patients crées ),
  • l’intelligence artificielle (Sénégal gestion  des lits d’hôpitaux par IA).
  • L’augmentation du taux de pénétration des smartphones (Cameroun plus de 12,6 millions d’internautes mobiles),
  • Et les applications mobiles de sensibilisation sur la santé sexuelle et reproductive des adolescents (Cameroun applications mobiles pour adolescents : Hello Ado) 

Derrière cette présentation, se dissimulent les obstacles à surmonter et les défis à lever : manque d’infrastructure technologique, insuffisance des financements, faiblesse des compétences numériques. Des préoccupations prises en compte dans leurs différentes stratégies nationales de santé numérique

Trois  États, trois pratiques phares

a) Le Cameroun

Le Dossier Médical Électronique (DME).

Au Cameroun, la santé numérique intègre le Dossier Médical Électronique (DME) au sein des Formations Sanitaires (FOSA). Cette transformation est pilotée par le ministère de la Santé publique à travers le Plan stratégique national santé numérique 2026-2030. Le DME, expliquent les cadres du ministère de la santé publique contactés « est un système de santé numérique pour moderniser les hôpitaux ». Il repose sur la digitalisation des données cliniques des patients, l’harmonisation  des procédures hospitalières, l’amélioration du suivi des patients. Autre avantage : le remplacement progressif des dossiers papiers traditionnels par la gestion informatique centralisée.

Le DME a été expérimenté dans une cinquantaine de formations sanitaires pilotes (FOSA), sur les plus de 3300 que comptent le pays et qui ont servi  de laboratoires pour  tester « l’interopérabilité des systèmes ». Selon les notes de presse du ministère de la santé publique, « la phase pilote a enregistré la prise en charge de milliers de patients, une prise en charge qui mis à l’abris ses patients des abandons de soins ».

Le passage à l’échelle entamée aux termes de la phase pilote est aujourd’hui effective et se structure autour de trois catégories d’établissements de santé  que sont les grands hôpitaux de référence à Yaoundé (capitale politique et administrative), Douala (capitale économique), les programmes nationaux, de lutte  contre le SIDA  et la tuberculose, les hôpitaux de districts à travers les dix régions.

b) La Cote  d’Ivoire

Le Dossier Patient Informatisé (DPI)

Un  projet phare de la stratégie ivoirienne de développement de la santé numérique est placé sous la coordination de la Direction de l’Informatique et de la Santé Digitale (DISD) du ministère de la Santé. Au  centre du  dispositif : la centralisation des données médicales des patients dans un système unique, et l’amélioration de la traçabilité des actes médicaux. Chaque patient a son identifiant unique.

L’implantation du DPI a débuté dans les pôles sanitaires à Abidjan et par la suite, s’est étendu aux capitales régionales et aux districts à l’intérieur du pays : Yamoussoukro dans le grand Centre, Boundiali et Korhogo  dans les régions du Nord, Bouaké et Gagnoa au Centre et à l’Ouest, San Pedro, Soubré, Aboisso et Adzopé au Sud et au Sud-Ouest.

Avec le DPI, l’on assiste à :

  • La fin des dossiers physiques égarés : l’accès instantané à l’historique médical, aux allergies et aux traitements en cours à travers un ordinateur ou une tablette supprime le recours aux registres papier.
  • La continuité des soins : le personnel peut suivre le parcours d’un patient transféré d’un établissement à un autre grâce à l’interconnexion réseau mise en place par la DISD.
  • La sécurisation des ordonnances : les outils d’aide à la décision réduisent le risque d’erreurs de prescription et d’interactions médicamenteuses nocives.

Ce qu’il faut retenir d’essentiel, les derniers bilans fournis par la Direction de l’Informatique et de la Santé Digitale (DISD) mettent en avant plusieurs chiffres sur l’avancement du Dossier Patient Informatisé (DPI) :

  • 7,3 millions de Dossiers Patients ont été entièrement créés et numérisés sur l’ensemble du territoire.
  • 405 établissements de santé (hôpitaux nationaux, régionaux et départementaux) sont connectés au réseau national du DPI.
  • 2 400 agents de santé ont été formés à l’utilisation des outils numériques de prise en charge des patients

c) Au Sénégal

La Gestion des lits et interopérabilité avec les secours d’urgence

Le Sénégal  dispose  aujourd’hui d’un projet technologique innovant en santé numérique, le « Warou » (qui signifie « étonné » ou « stupéfait » en wolof, langue nationale du pays). Ce projet est porté par la startup médicale « Doc Sen » (qui signifie littéralement le Docteur du Sénégal). Le projet « Warou » est innovant parce qu’il a la particularité à travers ses fonctionnalités d’être à la fois une plateforme de gestion de lits hospitaliers et d’interopérabilité avec les secours d’urgence.

La Gestion des lits par l’IA : L’activité consiste à cartographier et à connaître instantanément le nombre de lits disponibles dans les différents hôpitaux du Sénégal. La technologie s’appuie sur une alliance entre des algorithmes d’intelligence artificielle et des capteurs connectés directement intégrés aux lits pour automatiser la remontée d’informations

L’Interopérabilité avec les secours d’urgence, le 1515 ;

  • La plateforme résout le problème de la communication entre les services d’urgence et le réseau hospitalier.
  • Lorsqu’un citoyen appelle le 1515 (le numéro des urgences médicales au Sénégal), le module IA de Warou identifie instantanément en temps réel :
  • Le nom et le prénom de l’appelant
  • Sa localisation géographique exacte.

À ce jour selon les sources  documentaires de DocSen, 2 hôpitaux pilotes sont connectés et plus de 3 850 patients sont suivis activement  dans le cadre  du projet Warou.