Les auteurs Mathieu Lamiaux, Sana de Courcelles, Luis Pizarro, Jean-François Delfraissy du groupe Santé mondiale 2030 disent que la santé mondiale est en danger. Fragilisés par le choc d’Ormuz, les systèmes sanitaires sont en crise depuis plusieurs années et désormais attaqués par l’administration Trump. Dans une étude fouillée, le groupe Santé mondiale 2030 dresse un bilan et propose des pistes pour transformer une gouvernance malade. Dans ce contexte, la santé mondiale ne disparaît pas mais elle devient une question stratégique de haut niveau — à l’intersection de la sécurité, de l’économie et de la souveraineté. La question centrale n’est plus seulement d’agir collectivement mais de savoir comment gouverner et préserver les biens communs mondiaux de santé dans un monde durablement fragmenté.
Nous donnons ici les principales thématiques proposées par les auteurs :
1 — Le multilatéralisme a été un accélérateur historique de progrès
2 — Le système était sous tension avant même les ruptures récentes
3 — Le tournant Trump II conduit à une rupture dans l’ordre multilatéral
4 — Un désengagement aux dynamiques multiples : l’illusion de « l’effet Trump » : Réduire la recomposition actuelle à un « effet Trump » serait toutefois une erreur d’analyse. Le désengagement américain agit comme un accélérateur de trois dynamiques profondes à l’œuvre. La première est la montée des tensions géopolitiques. La deuxième est la fragmentation économique. La troisième est la recomposition des acteurs. Au total, entre 50 et 70 milliards de dollars d’aide publique au développement pourraient être « à risque » dans les années à venir.
5 — On note des progrès et des reculs de la coopération internationale : Les acquis de la coopération internationale sont réels et fragiles. Derrière les indicateurs globaux se cachent des progrès qui reposent sur des financements continus, des chaînes logistiques complexes et des ressources humaines insuffisantes. Toute rupture est une menace de retour en arrière. Dans les pays du G7, la hausse des budgets de défense pourrait entraîner une réduction de 10 à 20 % de l’aide à la santé mondiale, soit jusqu’à 1,9 milliard de dollars par an.
6 — La santé est politique et la science doit rester une boussole : Remettre la science à sa juste place, non pas comme instrument au service d’un agenda, mais comme boussole partagée, est une condition nécessaire, sinon suffisante, pour que la gouvernance sanitaire mondiale retrouve sa légitimité.
7 — Dans un monde globalisé, coopérer, c’est se protéger
8 — La santé comme bien commun global reste incontournable
9 — La santé ne peut plus être pensée isolément : La santé humaine ne peut plus être abordée comme un domaine isolé. Elle est intrinsèquement liée aux enjeux environnementaux, alimentaires, socio-économiques et numériques. Cette interdépendance n’est pas nouvelle, mais elle s’impose aujourd’hui avec une acuité particulière, à mesure que les crises se conjuguent et s’amplifient mutuellement. Climat, alimentation, justice sociale, innovation : chacun de ces domaines est un levier de santé publique. Leur interdépendance impose une approche transversale, décloisonnée, qui associe des acteurs et des expertises qui dialoguent encore trop peu.
10 — Penser les futurs de la santé mondiale : une gouvernance citoyenne de la santé
Les auteurs se prononcent pour une gouvernance citoyenne de la santé.
Un groupe dont le travail est à suivre…


