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Note de lecture: Santé publique France en octobre 2025 a publié un dossier « Santé mentale : comprendre les déterminants pour agir »

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Longtemps confinée à la sphère privée et marquée par la stigmatisation, la santé mentale est devenue un enjeu de santé publique majeur, particulièrement depuis la pandémie de Covid-19. La crise sanitaire a révélé une dégradation préoccupante du bien-être psychique, touchant spécifiquement les jeunes et les jeunes filles. Cette prise de conscience collective a mené le gouvernement français à déclarer la santé mentale « Grande Cause nationale » pour l’année 2025.

Évolution du concept : de la psychiatrie au bien-être

L’approche de la santé mentale a radicalement évolué au cours des dernières décennies. On est passé d’une vision purement médicale à une approche de santé mentale dite positive. Le modèle s’est élargi pour inclure non seulement l’absence de troubles, mais aussi le bien-être psychique et la capacité d’agir des individus. La santé mentale concerne désormais chacun d’entre nous, et non plus uniquement les personnes atteintes de pathologies sévères.

Les déterminants de la santé mentale

La santé mentale ne dépend pas seulement de facteurs individuels, mais est profondément ancrée dans des déterminants sociaux et environnementaux. L’accès à un logement stable, à l’éducation, à la culture et aux soins est primordial. Le soutien social est un facteur de protection essentiel contre l’isolement, l’anxiété et les conduites suicidaires. À l’inverse, les discriminations et les violences systémiques constituent des risques majeurs, particulièrement pour les populations minorisées.

Oui, les environnements de vie sont essentiels

  • Urbanisme : Une ville apaisée, intégrant la nature et offrant des espaces publics de qualité, favorise le bien-être des citadins.
  • Travail : La qualité du travail, l’autonomie et la reconnaissance sont des facteurs clés de l’équilibre psychique des salariés.
  • École : Le milieu scolaire doit être repensé pour que les jeunes s’y sentent bien, notamment par le développement des compétences psychosociales pour prévenir le harcèlement et favoriser l’intégration.
  • Justice sociale : La promotion de la santé mentale est indissociable de la lutte contre les inégalités et les violences.
  • Le lien social est identifié comme un soutien protecteur fondamental contre les troubles dépressifs et anxieux. À l’inverse, l’isolement social et les discriminations systémiques constituent des facteurs de risque majeurs.

Pour répondre à ces enjeux, les actions s’articulent autour des axes de la Charte d’Ottawa (1986): la santé mentale doit être intégrée dans toutes les politiques publiques (agriculture, logement, éducation, sport), dépassant le seul cadre du ministère de la Santé. Des actions communautaire et déstigmatisation sont nécessaires.

Le rapport parle d’avancées et perspectives notables.

On peut constater le contraire. La politique conduite est contestée par le milieu professionnel. Les outils de soin restent en grandes difficultés faute de moyens humains, faute de structures hospitalières et d’absence de politique de territoire et faute de financements. Si la parole est libérée comme le dit le rapport, des défis persistent, notamment pour renforcer l’inclusion sociale et répondre à l’augmentation croissante des besoins de la population. La Grande Cause nationale 2025 est restée un levier symbolique faible et le manque de politique publique l’a discréditée.